réservé aux professionnels






Mot de passe oublié ?
Pas encore inscrit ?

 

Pub-Grunner1

 

La sauvegarde de l’anguille en débat à Venise

Les 29 et 30 mai 2012, the sustainable eel group[1] (le collectif international pour la sauvegarde de l'anguille), invitait, à Venise, les représentants de treize pays[2] concernés par la gestion et les mesures de sauvegarde des populations d'anguilles. Les ambitions des uns ne sont pas toujours celles des autres. Mais une communauté d'intérêts se fait jour.

Civelles pour le repleuplement © N. PorcherLe WWF France et les SMIDAP - CRPMEM des Pays de la Loire présentaient respectivement, le guide des bonnes pratiques pour la filière de pêche civellière et les premiers résultats des essais, menés sur la Loire, de tamis expérimentaux. Conclusion : ces nouveaux engins de pêche permettent de réduire fortement les taux de mortalité de civelles capturées tout en assurant des rendements équivalents à ceux pratiqués au tamis poussé circulaire. La production d'une civelle de « bonne qualité » avec une mortalité à 10-15 jours inférieure à 8-10 %, à la fois pour le repeuplement et la consommation, doit devenir « la règle » s'accorde à dire l'ensemble des acteurs du secteur.

Les études techniques et scientifiques concluent, pour l'instant, aux effets favorables des mesures de repeuplement. L'efficacité de ces mesures ne pourra toutefois être véritablement appréciée qu'à « moyen terme ». En Grande-Bretagne et au Danemark, les pêcheurs amateurs sont les moteurs et, financièrement, d'importants contributeurs aux actions de repeuplement. Tout le contraire des pêcheurs de loisir français.

Selon les quelques indicateurs suivis par la profession française, les arrivées de civelles en 2011-2012 dans les cours d'eau français, ont été les plus importantes depuis quatre ans. Ombre au tableau, des filières illégales d'anguilles sont apparues au sein de l'Union européenne. La Commission européenne a déclaré « suivre cette dérive avec la plus grande attention ». Une vive inquiétude partagée par la filière française qui voit là « une menace supplémentaire pour l'espèce ». Elle rappelle qu'il est nécessaire que le dispositif de traçabilité mis en place en France soit étendu au moins à l'échelle européenne.

[1] The sustainable eel group (SEG) a vu le jour, à l'issue d'une conférence sur l'anguille, organisée en décembre 2009, en Angleterre, par l'Institut pour la gestion des pêcheries (Institute of fisheries management) et le ministère de l'Environnement anglais. Scientifiques, responsables des mesures de conservation de l'espèce, administration et représentants des filières commerciales réunis à cette occasion prenaient alors l'engagement de travailler ensemble autour d'une vision commune de restauration des populations du poisson migrateur.

[2] Grande-Bretagne, Pays-Bas, Suède, Allemagne, Danemark, Italie, France, Portugal, Grèce, Maroc, Tunisie, Canada, États-Unis