réservé aux professionnels






Mot de passe oublié ?
Pas encore inscrit ?

 

Pub-Grunner1

 

Anguilles-civelles : un nouveau plan de casse pour les marins pêcheurs et de nouvelles demandes du CIEM

Que va-t-il finir par rester de la flotte de marins pêcheurs d'anguilles et de civelles dans les estuaires des façades atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord ? Un nouveau plan de sortie de flotte pour les navires ciblant cette espèce est sur les rails depuis le 26 juillet 2017. Une conséquence du déséquilibre constaté, entre 2011 et 2015, entre capacités de pêche et possibilités de pêche. Ce plan de casse est accessible aux marins pêcheurs justifiant de captures au moins 60 jours par an, ou ayant atteint le seuil de 70 kg pour 2 ans pour la civelle et de 1 000 kg pour 2 ans pour l'anguille jaune. Le montant de l'aide s'échelonne de 47 260 à 2 170 000 €. Le marin signataire de la convention d'aide ne pourra pas réarmer un bateau pour la pêche maritime avant cinq ans. Les candidats doivent déposer leur dossier avant le 30 septembre 2017.

Saison de civelles et anguilles jaunes 2017-2018

Pour la saison de pêche 2017-2018, les marins pêcheurs ont décidé de conserver le même nombre de droit de pêche spécifique civelle que la saison passée, soit 438. Mais l'un des objectifs du plan de sortie de flotte est de n'autoriser, à terme, plus que 413 navires à pêcher la civelle. Objectif de réduction des droits de pêche identique pour l'anguille jaune. 229 « licences » ont été autorisées pour la saison prochaine, mais il ne devrait plus en rester, dans les années à venir, que 222.
Les contingents par bassin restent identiques à ceux de la saison passée.

Les nouvelles demandes du conseil international pour l'exploration en mer (CIEM)

« Depuis la fin des années 1990, le stock d'anguilles européennes est à un niveau historiquement bas et les mesures de gestion prises depuis 2007 pour le reconstituer n'ont pas montré leur efficacité » indiquait en substance, en mai 2017, le conseil international pour l'exploration en mer (CIEM) pour demander que les mortalités d'anguilles liées aux activités humaines soient désormais « proches de zéro ».
Dans la foulée, la direction des affaires maritimes et des pêches de la commission européenne (DG Mare) en appelait, pour avis, aux conseils consultatifs pour qu'ils étudient la possibilité de mettre en place de nouvelles mesures de réduction des captures des pêcheries professionnelles. Une demande « inaudible pour les pêcheurs professionnels français qui sont les seuls à atteindre leurs objectifs de gestion dans le plan de gestion anguille » précise Jérémie Souben, chargé de mission au comité national de la pêche maritime et des élevages marins (CNPMEM). Ce dernier rappelait notamment que« cette exigence arrive à contretemps du calendrier fixé par le règlement anguille. Les différents pays doivent, en effet, faire le bilan, dix ans après leur instauration, de leur plan de gestion anguille en juin 2018, étape essentielle avant l'introduction éventuelle de nouvelles mesures de gestion ou de mesures plus restrictives. Les derniers rapports de mise en œuvre des plans de gestion, transmis fin juin 2015, n'ont jamais fait l'objet d'un avis ni du CIEM et ni d'un rapport d'évaluation de la commission européenne » précise le CNPMEM.
« Avec une interdiction de la pêche professionnelle, sera perdu le bénéfice des actions environnementales de repeuplement en civelles qui permettent d'améliorer la colonisation naturelle et favorisent, à terme, l'échappement d'anguilles argentées. L'absence de pêcheurs professionnels sur le terrain ne permettra plus de limiter le braconnage et le rôle de veille sur les facteurs de mortalité nécessaire pour alerter les pouvoirs publics ne sera plus assuré. De nombreux indicateurs de l'état de la ressource disparaitront également » ajoute en substance l'organisation professionnelle des marins pêcheurs.
En attendant, la commission européenne a d'ores et déjà proposé d'interdire, en 2018, la pêche, commerciale et récréative, de l'anguille en mer Baltique.

Frédéric Véronneau