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Petit bilan de la saison de civelles 2014-2015

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« Au niveau national, la saison de civelles 2014-15 a été, d'un point de vue socio-économique, une campagne correcte. Ce fut, en termes de ressource, une année moyenne, comparée à la saison précédente, où l'abondance avait été exceptionnelle, représentant assurément le plus important recrutement de ces 15 ou 20 dernières années. » analysait Nicolas Michelet du Comité national de la pêche professionnelle en eau douce (Conapped), en avril 2015, à la fermeture de la saison. « Le poisson était là, mais nous n'avons pas pu le capturer. Nous avons passé beaucoup de temps à quai » indique Alain Cazaux, président des pêcheurs professionnels en eau douce d'Adour. Crues à répétition du petit fleuve landais et froid ont, en effet, contraint les pêcheurs du sud-ouest à rester à terre. À une température d'eau inférieure à 6°C, les civelles ne migrent plus. Elles s'enfouissent et attendent de meilleures conditions. Avec une ouverture au 1er novembre, les pêcheurs de l'Adour soldaient néanmoins leur quota consommation fin décembre et ne pêchèrent finalement que 46 kilos sur les 1710 attribués pour le quota repeuplement, faibles quantités qui conduisaient à l'abandon de l'opération d'alevinage programmée sur le bassin.

Repeuplements trop tardifs

Constat hydrologique et climatique identique sur le bassin de la Gironde. « Et sur la Garonne, au-dessus de Bordeaux, les lâchers d'eau réguliers, à partir des barrages, modifient constamment le régime hydrologique du fleuve, perturbant, depuis cinq ou six ans, toutes remontées de civelles » s'inquiète Éric Montillaud, président de l'association des pêcheurs professionnels en eau douce de Gironde. Sur l'Isle, affluent de la Garonne, les « captures ont toutefois été régulières sur toute la saison » précise le pêcheur. Une saison de civelles plutôt satisfaisante à ses yeux. Seul accroc au tableau, la tardiveté des opérations de repeuplement qui n'ont pu être menées qu'au mois de mars. « Il aurait été préférable de les réaliser en début de saison. Il faut que l'administration nous fasse confiance » ajoute-t-il, déplorant notamment les lenteurs d'obtention des autorisations. Un constat partagé par Alain Cazaux. « Le repeuplement français arrive toujours trop tard dans la saison. Il faudrait que l'administration tienne compte des demandes de la profession qui souhaite le faire en début de saison » complète le pêcheur de l'Adour.
Sur l'UGA Loire, côtiers vendéens et Sèvre niortaise, le quota « repeuplement » n'a été consommé qu'à 19 % contre 80 % pour la consommation. « Sur la Loire, les poissons sont passés avant que les conditions hydrologiques et climatiques nous permettent de donner les premiers coups de tamis, début janvier, un mois après l'ouverture officielle de la saison. Sur la Vilaine, nos collègues civeliers avaient déjà fait le plein avant même la fin de l'année 2014 » indique Mickaël Vallée, président de l'organisation de producteurs Estuaires en Pays de la Loire, regroupement de 148 pêcheurs, et président de la commission « poissons migrateurs » du Comité régional des pêches et des élevages marins des Pays de la Loire (Corepem).

Hauts et bas des cours

Sur les bassins du Sud-Ouest, les prix de vente en début de campagne, eux, ont été « les plus faibles depuis au moins 10 ans » indique Nicolas Michelet. En effet, jusqu'à la mi-janvier 2015, ils s'affichaient entre 150 et 180 €/kg pour la consommation, entre 70 et 110 €/kg pour le repeuplement. « Sur l'UGA Loire, la ressource a, à la différence de l'année passée, été plus en phase avec le marché» » constate Alexis Pengrech, chargé de mission poissons migrateurs au Corepem. L'union a fait la force. « C'est grâce à notre organisation professionnelle que nous avons pu obtenir des prix d'achat, assez haut tout au long de la saison et avoisinant les 450 € le kilo en fin de campagne » se réjouit Mickaël Vallée. Les capacités de négociations de l'organisation professionnelle (OP) ont aussi eu un effet d'entraînement vers le haut des prix pratiqués par les civeliers n'adhérant pas à l'OP.