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Les braconniers de civelles à l'amende

Palais-de-justiceAudience spéciale braconnage de civelles, le 28 juin 2016, au tribunal correctionnel de Nantes (Loire-Atlantique). Une vingtaine de braconniers interpellés par les gardes de l'Onema, les policiers, les gendarmes ou les douaniers, entre fin janvier et fin avril 2016. Des habitués, des novices. « Je suis au RSA. Les dettes s'accumulaient » dit, à la barre, Patrick L., 36 ans, l'un de ces « débutants », arrêté en flagrant délit, à Nantes, à hauteur de l'écluse Saint-Félix, au confluent de l'Erdre et de la Loire, le 28 janvier, et un mois plus tard, à Basse-Goulaine, en possession, là, de 180 grammes de civelles. « C'est pour ma consommation personnelle et pour revendre à des particuliers » a expliqué un de ses comparses de l'équipée nocturne de février, Gilles T., braconnier récidiviste de 37 ans, absent, lui, à l'audience.

 

« 20 kilos par an »

À 26 ans, Jessy B., n'en est pas non plus à son coup de tamis frauduleux d'essai, à l'écluse de Buzay, canal de la Martinière, au Pellerin, lieu de son interpellation, le 27 janvier. Il dit pêcher la civelle « depuis toujours », assure avoir eu un temps « une licence pour la pêcher à pied », et indique, à la barre, prendre « 20 kilos par an » qu'il revend, « entre 50 et 100 € ». La « dégradation des milieux naturels et les turbines des centrales énergétiques » sont autrement plus destructrices de l'espèce anguille que les « maigres ponctions » des braconniers, se défend, en substance, ce chômeur.
Au milieu de la nuit, le 9 mars, à l'écluse Saint-Félix, les braconniers pêchaient en famille. Sept interpellations. Quatre majeurs, trois mineurs. « Je pêchais le sandre », « Je me promenais », « Je suis venu voir les pêcheurs » ont-ils indiqué pêle-mêle. Aucun n'expliquant par contre la présence dans leurs affaires d'un kilo d'alevins d'anguille. Un mois plus tôt, ils étaient, au même endroit, une quinzaine à œuvrer. Mais un seul à se faire pincer.
Le 24 mars, après une course-poursuite aux abords du canal de la Martinière, les douaniers interpellaient Sony L., 20 ans, avec 2,3 kilos de civelles entreposés dans son véhicule. Dans les mêmes temps, un autre véhicule réussissait à prendre la fuite.

Audience à 60 600 €

« Il a déjà été condamné, en 2015, pour braconnage par le tribunal des Sables d'Olonne » indique à la présidente du tribunal correctionnel de Nantes, le chef des gardes-pêche de l'Onema, à propos de l'un des prévenus. Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire a lui aussi récemment eu à juger son lot annuel de braconniers.
600, 800, 1000, 1200, 2500 € d'amende pour les uns, 5000 € pour un autre, 26 600 € en tout. Condamnations assorties de dommages et intérêts à verser aux parties civiles, l'association des pêcheurs professionnels en eau douce de Loire-Atlantique, la fédération de pêche de Loire-Atlantique et l'association Robin des bois, qui, elle, a également fait valoir « un préjudice écologique » et a perçu des indemnités à ce titre. Total des dommages-intérêts et autres frais à débourser par les braconniers : 34 000 €.

Frédéric Véronneau