réservé aux professionnels






Mot de passe oublié ?
Pas encore inscrit ?

 

Pub-Grunner1

 

Le frisson de la pêche au saumon

O. Jeannots saumon« Un saumon dans le filet n'est pas forcément dans le bateau » lance, non sans une certaine satisfaction, Olivier Jeannots, pêcheur professionnel sur l'Adour. Un plaisir de pêcher le « roi des poissons » qu'il ressent, trois mois par an, avec la même intensité, depuis 2003.
« C'est la plus belle des pêches, la plus spectaculaire, celle qui me fait frissonner. Il faut agir vite, faire les bons choix. Le saumon n'a jamais dit son dernier mot. Il tape sur l'eau, se débat, transperce parfois le filet, saute par-dessus. Et là, on ne peut que reconnaître que c'est joli. » s'enthousiasme Olivier Jeannots, 34 ans, pêcheur professionnel en eau douce sur l'Adour, aux alentours de Sainte-Marie-de-Gosse, depuis 2003, et pêcheur dans l'âme depuis toujours. « Mon grand-père pêchait et j'ai pris la suite de mon père qui, lui, était marin-pêcheur » dit-il.

Valeureux migrateur

La pêche du saumon, « le roi des poissons » pour Olivier, constitue, après la pêche à la civelle, la deuxième plus importante source de revenus de son activité. Il le commercialise majoritairement à la « criée de Saint-Jean-de-Luz ». Restaurateurs, poissonniers, et particuliers à l'occasion, sont ses autres clients. « La saison dernière, j'en ai livré, pour qu'elle le fume, à la maison Barthouil, une des très grandes épiceries fines et conserveries des Landes » indique Olivier Jeannots. Il vend ses toutes premières prises à « 100 € le kilo », prix qui se stabilise ensuite à quelque « 60 € ». La pêche, extrêmement réglementée, sur les longueurs de filets notamment, ouvre officiellement mi-mars. Mais cette année, il a fallu attendre la mi-avril pour enregistrer les premières captures, les saumons ayant, semble-t-il, « attendu que l'eau se réchauffe un peu » pour entamer leur migration de reproduction. « Pour l'instant, c'est une saison dans la moyenne de celles que j'ai réalises les années passées » précise-t-il.

À la mi-juin, il rangera, jusqu'à l'année prochaine, ses filets à saumon. Et, ce titulaire d'un bac pro machinisme agricole, s'en ira cultiver les quelques hectares de terre plantés en maïs, hérités de son père, en 2013.

Une pêche contrôlée

En 2017, la pêche professionnelle du saumon atlantique (Salmo salar) en Adour a concerné 20 marins pêcheurs et 20 pêcheurs en eau douce. Encadrée par des dates de pêche (mi-mars à fin juillet), la flottille enregistre, selon les années, un nombre total de captures en zone fluviale fluctuant entre 150 et 400 saumons. 230 l'ont été en 2015. Les saumons pêchés font l'objet d'une déclaration mensuelle sur fiche de pêche destinée à l'Agence française de la biodiversité. Chaque spécimen est également marqué au moyen d'une bague numérotée et à usage unique, puis est déclaré au Centre national d'interprétation des captures de Salmonidés (CNICS). La déclaration au CNICS implique de compléter un feuillet déclaratif spécifique et de prélever de 10 à 30 écailles sur chaque individu. Cette procédure complémentaire est obligatoire pour toute capture de Salmo salar et contribue à préciser l'état de la population du bassin sur la base des caractéristiques biologiques des individus déclarés. Elle est également recommandée pour les captures de truite de mer.
En fin de campagne, un bilan est effectué auprès de chacun des professionnels. Ce travail est mené, depuis 2014, par le CONAPPED en concertation avec le CNICS, l'ONEMA et l'AAPPED Adour et cours d'eau côtiers.

Frédéric Véronneau