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Estuaire de la Loire : sur la piste des aloses, lamproies et saumons

Capture des poissons à équiper © E. LasneÀ la demande du Meddtl, le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) a lancé, depuis 2011, un suivi scientifique sur les populations d'aloses et de lamproies dans l'estuaire de la Loire. Cette année, c'est au tour du saumon atlantique d'être pisté par les chercheurs.

Où en sont les populations de migrateurs en Loire ? Comment se comportent-elles dans l'estuaire ? Quels obstacles y rencontrent-elles ? Quelles sont les éventuelles causes de mortalité ? « Très peu de connaissances sont disponibles dans l'estuaire de la Loire sur les amphihalins, malgré les populations significatives qui y transitent » indique Émilien Lasne du Muséum national d'histoire naturelle.

Grandes aloses, aloses feintes et lamproies, en passe de se reproduire, font, depuis un an, l'objet de toutes les attentions télémétriques du MNHN - Cresco.
Les géniteurs de saumons entrent, cette année dans le champ d'étude, programme inscrit plus largement dans le plan saumon de Loire-Allier 2009-2013.

Marquage au corps

Émetteurs © É. Bultel

Au printemps 2011, 51 aloses, pêchées par un pêcheur professionnel aux abords de Cordemais, étaient équipées d'un petit émetteur. 44 d'entre elles ont ensuite donné signe de vie au moins une fois grâce aux multiples hydrophones (récepteurs acoustiques) dont a été équipé l'estuaire de la Loire. 29 ont été repérées, non loin d'Oudon, extrémité amont de la zone d'étude.
Les premiers résultats des analyses sur leurs comportements migratoires montrent que les aloses attendent que les eaux de l'estuaire soient suffisamment oxygénées, « débarrassées » du bouchon vaseux, pour entreprendre leur remontée. Elles parcourent ensuite d'une traite leur traversée de l'estuaire à raison en moyenne d'une cinquantaine de kilomètres par jour.

Quid des aloses portées disparues ? « Les unes ont pu quitter l'estuaire, vers l'aval ou l'amont, en passant entrent les mailles du dispositif de télédétection. Il est possible que d'autres aient perdu leur émetteur ou soient mortes » indique Émilien Lasne.
Parallèlement, des émetteurs étaient implantés sur 42 lamproies.
Ce suivi se poursuit en 2012. Une dizaine de lamproies a d'ores et déjà été marquée en février. Des aloses ont été équipées de leurs émetteurs en mars. Les résultats seront analysés à l'issue de cette nouvelle campagne de suivi et seront disponibles d'ici la fin de l'année.

Saumon en migration

Concernant le saumon, les scientifiques tablent sur la capture puis l'équipement d'une vingtaine d'individus. « Mais ce n'est pas une espèce ciblée par les pêcheurs (car interdite à la pêche sur le bassin de la Loire depuis 1994, NDLR). On ne connaît donc plus vraiment aujourd'hui son comportement migratoire » explique le chercheur du MNHN. Il espère toutefois que seront capturés suffisamment de saumons pour mettre en place un protocole d'étude. Chacun de ses individus sera également soumis à des analyses génétiques pour connaître leur origine.

Marquage d'une lamproie © É. BultelLes informations recueillies sur l'alose et la lamproie étofferont les données déjà disponibles dans les dossiers Natura 2000 des deux espèces. Les observations faites sur le saumon seront complémentaires au projet concernant la « viabilité de la population naturelle de saumon Atlantique de l'Allier » en cours à l'Inra de Saint-Pée-sur-Nivelle.

Attention !

Si vous observez ou capturez un poisson marqué (alose, lamproie ou saumon) :
Vivant : notez le n° et relâchez-le
Mort : conservez-le au congélateur
Dans les deux cas, merci d'appeler le 02 23 18 58 82 (messagerie)