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La famille brochet se recompose

 Esox-aquitanicus©G. Denys/MNHN  Esox-lucius©G. Denys/MNHN

On le croyait le seul de sa famille en Europe. Voici Exos lucius, le brochet commun, nanti d'un tout nouveau « frère », Esox aquitanicus, ou brochet aquitain, découvert lors d'un grand inventaire mené, depuis deux ans, par le Muséum national d'histoire naturelle en collaboration avec l'Onema, l'Université de Lyon 1, les fédérations de pêche et les associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA). Comme son nom l'indique, Esox aquitanicus vit dans le Sud-ouest de la France, et uniquement, en Aquitaine, de la Charente à l'Adour. « Il se distingue du brochet commun par une robe marbrée, un museau plus court et un nombre moins élevé de vertèbres et d'écailles sur la ligne latérale. » précise son découvreur, Gaël Denys, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle. Et selon lui, l'aquitanicus est présent dans nos eaux « françaises » des millions d'années, bien avant que le lucius n'arrive.

Un petit tour et puis s'en va

En 2011, une autre espèce de brochet, Esox cisalpinus, a été décrite en Italie. Sa présence en France est attestée dans le Lac Léman au XIXe siècle et dans le lac Saint-André (Savoie) en 1920. « C'est pour essayer de trouver des spécimens de cisalpinus qu'a été initiée l'étude du Muséum sur le brochet » précise Gaël Denys. Hélas, aucun spécimen récent d'Esox cisalpinus n'a plus montré le bout de son long museau dans les lacs périalpins français. L'hypothèse d'une disparition liée à la proximité du lucius est avancée. Une cohabitation qui pourrait être également préjudiciable à la survie de l'aquitanicus en cas d'alevinage de ses zones de résidence par des brochets communs, s'inquiète en substance Gaël Denys. « On ne connaît pas encore nos poissons d'eau douce, commence le jeune chercheur. Pour les gestionnaires des cours d'eau et autres acteurs liés à la pêche, par exemple, un goujon est un goujon (1), alors que la faune piscicole peut être complètement différente d'un bassin à un autre. Connaître parfaitement la biodiversité et la spécificité des espèces natives par bassin, notamment dans le Sud-Ouest de la France, est un enjeu patrimonial », conclut-il.

1. Quatre espèces de goujons sont référencées en France depuis 2005