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La nature voit rouge

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La nature va mal. Ce n'est pas nouveau. Et le Muséum national d'histoire naturelle le rappelle une nouvelle fois dans ses Résultats de l'état de conservation des habitats et des espèces dans le cadre de la directive habitats faune flore en France pour la période 2007-2012. Partout en France, la dégradation des habitats, semble inéluctable, et les espèces qui les peuplent en souffrent. « Les changements des conditions hydrauliques sont les pressions et menaces les plus citées concernant les habitats d'eau douce. Ensuite les pollutions des eaux de surfaces et les espèces exotiques envahissantes qui représentent les véritables menaces pour les eaux stagnantes et courantes. Sont également évoqués les problèmes liés à l'agriculture comme la fertilisation et la pollution des eaux souterraines. » indiquent les auteurs de l'étude. « Le cas de la grande mulette (Margaritifera auricularia) est assez édifiant : sur un habitat potentiel de 7 700 km de linéaire de rivière en France, elle n'est recensée aujourd'hui que sur 180 km. Autre exemple, l'écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) menacée par l'introduction d'écrevisses exotiques envahissantes provoquant des extinctions de populations locales. » notent-ils encore. « D'autres groupes liés aux milieux aquatiques sont évalués défavorablement, essentiellement à cause de la dégradation ou de la destruction de leurs habitats, notamment les amphibiens et les poissons. Pour les premiers, l'exemple du sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), un crapaud, en fort déclin en France comme dans le reste de l'Europe, en est une belle illustration. Pour les seconds, les poissons osseux et les lamproies présentent une situation nettement défavorable sur la plupart de nos cours d'eaux. » ajoutent-ils. Les trois espèces d'écrevisses autochtones, les aloses et leurs habitats naviguent, elles aussi, dans le rouge (grand déclin, grande diminution des surfaces) et l'orange. 6 des 18 espèces de poissons osseux étudiées, barbeaux, loches de rivière, chabots communs, bouvières et corégones dont « les opérations de repeuplements des lacs alpins permettent aujourd'hui à l'espèce de se reproduire naturellement », présentent des populations en bonne santé. Maigre consolation !