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En Loire, Romain Gadais assure la relève

Romain-Loire-1À 25 ans, Romain Gadais, titulaire d'un master ingénierie des milieux aquatiques et des corridors fluviaux, amateur de pêche depuis toujours, monte sa petite entreprise de pêche professionnelle sur la Loire, entre Saumur et Tours.

Gagne ta croûte. C'est le nom du bateau de Romain, une plate achetée, il y a quelques années, à un pêcheur amateur aux engins du Cellier, situé en bords de Loire, à quelques kilomètres en amont de Nantes. « Son ancien propriétaire a dû s'en séparer à la suite d'un souci de santé. Son médecin lui a interdit de retourner à la pêche. J'ai gardé le nom pour rendre hommage à cet homme et aussi parce que le nom me plaisait bien » explique Romain Gadais, originaire de la région nantaise.

 

 

La pêche pour passion

À 25 ans, ce passionné de pêche depuis l'enfance, un temps lui aussi amateur aux engins, va désormais gagner sa croûte comme pêcheur professionnel, sur la Loire. « C'est un fleuve dynamique ! » s'enthousiasme Romain. Il avait un temps songé se poser sur le Léman où il donna quelques coups de filets. «  Mais je pense que pour travailler sur le lac, il faut bien le connaître, être né là-bas ». L'estuaire de la Loire ne l'emballait pas. « La façon d'y pêcher ne me correspond pas trop, ni la manière d'y vendre le poisson » se justifie-t-il. Ce sera donc Bréhémont, petite commune de quelque 800 habitants, sur la rive gauche de la Loire, entre Saumur et Tours, capitale tourangelle qu'il connaît bien pour avoir décroché à l'université François Rabelais, un master Imacof (ingénierie des milieux aquatiques et des corridors fluviaux), sous la direction de Catherine Boisneau, spécialiste de l'écologie des poissons d'eau douce, éppouse de Philippe Boisneau, président du Conapped.
Mais le jeune pêcheur n'a pas non plus choisi le territoire le plus facile. Certains amateurs de pêche sportive, au silure notamment, ne voient pas tous d'une bonne ouïe l'arrivée d'un professionnel. Des actes de vandalisme touchent de temps à autre le matériel de ses collègues installés en amont et aval de ses lots. Risques de dégradations qui imposent notamment à Romain de mettre son embarcation à l'abri chaque nuit.

Romain-anguillePanier de poissons

À Bréhémont, Romain est devenu propriétaire d'une maison sur la levée, au pied d'une cale, avec vue sur l'un de ses six lots de pêche, longs en tout de 34 kilomètres. Il a commencé à y capturer mulets, anguilles, silures, carpes et autres poissons blancs. Deux restaurateurs sont venus sans tarder et spontanément lui acheter son poisson. « J'ai testé la vente en lot, où je mélange espèces nobles et autres poissons. Dans l'esprit des paniers des Amap. C'est un partenariat entre les restaurants et moi et une question de viabilité de mon entreprise » précise le jeune homme. Il commercialisera également via le net, grâce à La ruche qui dit oui, un réseau d'achat direct aux producteurs locaux, monte à l'occasion un étal pour toucher les particuliers. Le fumage et les produits transformés (poissons marinés, brochettes...) viendront en leur temps.

En construction

Mais pour l'instant, il passe le plus clair de son temps à aménager une pièce de sa maison, en atelier de conservation et de transformation. Pour lancer les travaux, il n'avait pas d'autres choix, c'est une obligation, que d'attendre le déblocage des aides à l'installation. « J'ai appris, une fois le dossier bien engagé, que contrairement aux autres jeunes agriculteurs, les pêcheurs professionnels ne peuvent bénéficier d'un prêt à taux bonifié en cas de création d'entreprise. Par contre, ça marche quand on en reprend une. » s'étonne Romain Gadais. Et le prêt bonifié ne s'applique que pour l'achat de matériel neuf. « Si j'avais su, j'aurais tout de suite acheté du matériel d'occasion et commencé les travaux plus tôt » ajoute-t-il. Autre souci : son budget prévisionnel avait été établi sur la durée d'un bail de location de lots de 5 ans, durée réglementaire, mais l'activité de Romain Gadais commençait à mi-bail. « Il a fallu convaincre l'administration chargée de verser la dotation jeunes agriculteurs (DJA) que l'usage voulait que le détenteur d'un bail soit reconduit d'une fois sur l'autre ». La dotation jeunes agriculteurs lui est acquise, mais il attend toujours son versement. Il est officiellement installé depuis le 1er juillet. Et l'emprunt souscrit l'est aux taux du marché.
Sa petite entreprise devrait prendre véritablement son rythme de croisière dans un an. Son point de viabilité devrait se situer entre 5 à 9 tonnes de poissons pêchées chaque année. « Quoi qu'il en soit, il faudra que je sois un bon gestionnaire » conclut-il.

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