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L’interdiction totale des filets dérivants en débat européen

Filet-dérivantEn mai 2014, la commission européenne, à la suite d'une consultation menée durant l'été 2013, et sous l'impulsion de la commissaire aux Affaires maritimes et à la Pêche, Maria Damanaki, proposait d'interdire, à partir du 1er janvier 2015, l'utilisation de tous filets dérivants dans l'ensemble des pays de l'Union européenne. Proposition d'interdiction totale, sans concession ni nuance, pour, justifiait en substance la commissaire européenne, mettre fin aux pratiques hors-la-loi de certains pêcheurs, de thon rouge notamment.

Depuis 1992, les filets dérivants, accusés de provoquer des mortalités accidentelles de mammifères marins, des tortues et autres oiseaux de mer, ne peuvent dépasser 2,5 kilomètres de long. Ils ont été, dix ans plus tard, totalement interdits pour les captures de thon et d'espadon. En mer Baltique, les pêcheurs allemands, scandinaves et baltes ont d'ores et déjà renoncé à utiliser ces engins de pêche. Depuis 2000, leurs homologues de l'Île d'Yeu ont eux aussi abandonné ces filets.

Grandes inquiétudes

Une interdiction totale source de grandes inquiétudes pour le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) qui, le 22 juillet 2014, faisait part de son opposition à cette proposition disproportionnée, qui découle d'une application abusive du principe de précaution et susceptible d'avoir un « lourd impact socio-économique [...] particulièrement sur la petite pêche ». « Pour la seule pêche maritime française, 580 entreprises de pêche sont concernées et l'interdiction risque d'entraîner l'arrêt d'activités de 150 entreprises de pêche maritime à court terme et de plus de 200 à l'horizon 2020 affectant 800  emplois directs et entre 1600 et 1900 emplois indirects. » analyse notamment le CNPMEM. Devraient ainsi être touchés les pêcheurs des estuaires de la Loire, de la Gironde et de l'Adour, ainsi que de nombreuses petites flottilles côtières des façades Atlantique, Manche et Mer du Nord et de certains départements d'outremer. Pêcheurs anglais et italiens ont également manifesté leur opposition à une telle interdiction. « Il est à craindre que les mesures proposées par la Commission européenne pénalisent des milliers de bateaux de pêche artisanale durable » indiquait également l'ONG Oceana. Les pêcheurs du domaine fluvial ne sont a priori pas touchés par une mesure concernant uniquement les eaux salées. « Cette proposition de règlement, une interdiction globale sans distinction ou prise en considération des particularités régionales, est à tout à fait à l'inverse des principes de régionalisation de gestion des pêches européennes promus par la commission européenne et actés dans la nouvelle PCP » s'étonne encore le CNPMEM.
En attendant, la commission européenne a annoncé que l'Union européenne via le Féamp pourrait accorder des aides financières pour le remplacement des filets. Mais, sauf erreur, les budgets, et les répartitions des fonds, sont d'ores et déjà fixés.
La proposition d'interdiction des filets maillants sera prochainement débattue devant le Parlement européen et le Conseil de l'Union. À suivre donc...